Retour en mots et en photos sur la 1ère edition du festival Santa Teresa

By May 1, 2017 No Comments

C’était la toute première édition du festival Santa Teresa qui se tenait à … Sainte-Thérèse. Le festival s’étalait sur 3 jours avec les jeudis et vendredi soir puis le samedi en après-midi et en soirée. Dans le mode FME, c’était donc toutes les petites salles de la ville qui étaient prises d’assaut pour la durée du festival. Une programmation remplie de tallent d’ici et d’ailleurs.

On peut dire que pour lancer la saison des festivals au Québec, le festival Santa Teresa a bien réussi. Shoeclack y était en mode photo le vendredi soir et en mode écoute le samedi soir. Tant pour l’un que pour l’autre, la ville était bondée de jeune hypster en découverte de nouveautés musicales.

Santa Teresa-20

Le HB et le Cha Cha bar l’un a côté de l’autre.

Samedi, nous avons eu droit a une soirée toute magique dans la vieille église de Sainte-Thérèse avec:

Wilsen

En première partie de Patrick Watson au Festival d’Été de Québec 2012, j’avais été séduite par ‘’Avec pas d’casque’’, un bon son d’un groupement d’artistes ayant fabuleusement persisté plusieurs années plus tard. Inconsciemment, j’ai réalisé que mes attentes étaient plutôt élevées relativement à cette avant-première de Patrick Watson à l’Église Avila de Sainte-Thérèse.

C’est alors qu’entra sur scène Wilsen, offrant le rôle de premier plan à Tamsin Wilson, une londonienne à voix de sirène. Cette douce tonalité à la Romy Madley Croft que l’on entend chez The XX : vous comprenez? Certes, elle nous a offert une présence plutôt légère sur scène, mais qui s’arrimait de grâce aux moments tranquilles, vagues, de sa musique. Une mélancolie profonde et pas toujours rose, considérant son effet fantôm-esque. Propice à l’Église.

La racine folk à tournure psychédélique provient de l’enfance de Tasmin Wilson, alors qu’elle savourait plutôt le son d’artistes minimalistes aux sons plus gonflés tels que Nick Drake. Même si nous pouvions la considérer comme l’ancre des chansons du groupe, elle n’était pas seule ce samedi : honorablement accompagnée d’une force musicale soutenue, dont un drummer laissant transpercer sa préférence pour les mélodies plutôt que des beats plus escarpés et abrupts.

Coup de cœur intégral pour ‘’Final’’, en fin de prestation, qui a sans doute séduit avec ses sifflements funestes, envoûtant l’église au grand complet. 

Patrick Watson

D’intelligence et d’émotion, ce cher Patrick n’a cessé de surprendre toute la soirée et c’est avec plaisir que les spectateurs se réjouissaient des effets spéciaux enrobant les effets sonores. Mais comme il sait rendre une performance magistrale!

‘’Hearts’’, ‘’Bollywood’’, ‘’In Circles’’ : en nous offrant également quelques morceaux encore jamais entendus auparavant, le maître-d’oeuvre a pu fournir autant de pièces se retrouvant sur Adventures in your own backyard que Love Songs for Robots, et c’est ce qui a réellement plu.

Ce qu’il y a de tout autant admirable chez Patrick Watson, c’est qu’il laisse briller ses musiciens et saisir leur propre moment de gloire. Que ce soit les guitares de Joe Grass ou un trompettiste venu agrémenter ‘’Into Giants’’ ou alors un prodige de la scie sur ‘’Man like you’’, ces derniers ont attiré mon attention beaucoup plus qu’à ma fine habitude d’être fixée sur les talents du pianiste. On a même eu droit à de l’improvisation en sondant la foule pour un titre de chanson, signature de ce cher Mr. Watson.

Des harmonies délicates, en canon : archi-impossible d’empêcher l’éblouissement!

Aliocha

Vous connaissez Niels Schneider? Ce minois d’ange que l’on aperçoit dans Les Amours Imaginaires de Xavier Dolan? C’est son petit frère Aliocha Schneider que l’on a admirablement écouté samedi comme l’une des dernières performances du Festival Santa Teresa, au bar Le Cha-Cha. Impossible de regretter d’avoir prolongé la soirée.

Découvert par Jean Leloup, il a lancé son premier mini-album en anglais à l’automne 2017 et a bien fait de venir nous le faire connaître. Sorry Eyes fut d’ailleurs composée en maquette par les musiciens de Mr. The Wolf. Générosité exemplaire.

Beaucoup d’influence d’Elliott Smith et ça se sent beaucoup à travers tous genres confondus : autant de tournures plus rock maîtrisé (grâce à un drummer bien affirmé) qu’un country western ou un folk acoustique 70s qui correspondait plus à mes cordes. On y retrouve des pièces épurées et acoustiques mais aussi du bonbon à travers quelques chansons plus produites. Ne reste qu’à attendre le prochain album Eleven Songs, duquel Aliocha faisait doucement la promotion ce samedi. En attendant, ‘’Sarah’’ sur Sorry Eyes.

Bref, bravo Santa Teresa pour cette belle édition et on se revoit l’an prochain!

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About Noémie Bond

Née à Québec, Noémie est maintenant une montréalaise de cœur. C'est avec passion qu'elle se dédie à temps partiel aux critiques musicales retrouvées sur le blogue de Shoeclack Radio.