Personne ne refuse une nostalgie ravivée

By July 10, 2017 No Comments

Retour sur le passage du groupe mythique Men Without Hats au festival de Jazz de Montréal 2017.

Men Without Hats ont pondu leur succès dans la foulée d’une vague punk à Montréal en 1977. Stiff Records (Royaume-Uni) a eu un faible pour le 45 tours Folk of the 80s, l’un des plus vendus, permettant d’ailleurs au groupe de rafler un Félix en 1983. C’est cette découverte qui a permis à MWH de décrocher un contrat avec Statik Records (États-Unis) puis d’enregistrer le premier album, Rhythm of Youth. De retour au bercail hier, ils ont partagé une deuxième soirée consécutive avec nous, au Club Soda.

Levi’s 501 High Rise, franges mi-front, baby-boomers américains en visite pour Canada Day ressortant leur T-Shirt The Great Ones Remember : le new wave/synthpop n’était pas oublié, mais merveilleusement à l’honneur en 2017, soit 37 ans plus tard après le succès commercial initié avec The Safety Dance. C’est d’ailleurs avec celle-ci que la formation a décidé d’entamer la soirée…pour nous offrir que le tiers….Coït interrompu! Un prix à payer pour la technologie. Problème sonore qui a donc permis (en attendant) à Ivan Doroschuk et son guitariste de nous offrir Close to the sun, plus singulière car jouée à la guitare. Dès le hic réglé, l’hymne à la liberté d’expression a eu l’effet escompté et a influencé les spectateurs moins timides à suivre la cavalcade pogo-style.

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On a pu observer un quatuor confiant, persuadé que la foule allait les soutenir tout au long de la performance malgré l’anicroche du début. Déjà oublié. Personne ne refuse une nostalgie ravivée. On a eu droit à un spectacle libre de percussion sur la scène, les membres ayant privilégié les batteries électroniques programmées réussissant facilement à prétexter de vrais tambours. Le seul bémol observé a été la disjonction entre les deux claviéristes talentueux + guitariste versus le vocaliste survolté. Une séparation trop marquée sur scène, ce qui freinait la synergie et laissait beaucoup de place au principal pour le laisser briller, seul. Avec ses cheveux blancs noués, puis passant l’entièreté du spectacle sous ses lunettes fumées, le leader et seul membre original de la formation n’a toutefois pas hésité à nous fournir ses meilleurs pas de danse, venant complémenter sa jubilation de nous partager à nouveau son art, ses paroles politiquement idéalistes. Vétéran.

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Le groupe a poursuivi avec (entre autres) Antartica, The First Century, puis un retour au premier single jamais enregistré au Canada, I Got The Message. Un assortiment de morceaux découlant majoritairement des albums des années 80. Une belle réussite, car MWH se sont retrouvés au début de leur parcours dans un décor à-pic, à travers lequel la majorité des artistes des années 80 ont été catapultés entre l’opulence du hard rock et des groupes progressifs déjà établis et des tactiques punk des années d’après. Les formations novatrices devaient se distinguer par des instruments plus qu’inédits pour développer un son unique auquel on allait réellement mordre.

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Le fait de pouvoir assister à des morceaux parsemés de nouveaux arrangements ne figurant pas toujours sur les versions originales m’a beaucoup plu. Mon souhait est de découvrir (peut-être?) un album distinct, plus dominé par les guitares électriques au lieu des claviers, comme on apprécie chez l’inhabituel album Sideways.

Un groupe qui a bien vieilli. Un groupe qui, des décennies plus tard, peut se permettre les festivals tout en garantissant sa saveur.

About Noémie Bond

Née à Québec, Noémie est maintenant une montréalaise de cœur. C'est avec passion qu'elle se dédie à temps partiel aux critiques musicales retrouvées sur le blogue de Shoeclack Radio.