Hey Rosetta! + Yukon Blonde à M pour Montréal

By November 23, 2015 No Comments

Prestation provocante confirmant des tendances beaucoup plus soft rock des 80s qu’indie/pop. Ouverture de bal en gracieuseté.

LA TRANSCANADIENNE

La dernière fois que j’avais assisté à Yukon Blonde, de Kelowna, BC, c’était en première partie de Local Natives il y a près d’un an; plutôt effacés. Samedi soir, le premier choix du setlist a facilement réussi à attirer mon attention sur la scène plutôt que d’être inconsciemment en attente pour le plus gros du morceau. Quelques chansons comme « Radio » et « Wind blows » m’ont plu, mais c’est « Stairway » que j’ai de loin préférée, enlevant le crédit à Dan Mangan, duquel j’avais entendu une version modérée.

Hey Rosetta!

Maintenant, de l’autre côté du pays, à St John, Terre Neuve. Pour la troisième fois, j’avais la chance de revoir Hey Rosetta!, ce groupe tout-à-fait délectable, presqu’en perfection, sur un décor d’aluminium et d’ampoules grand format. Il a fallu quatre ans de gestation depuis la sortie de leur dernier album pour enfin sortir « Second sight », produit par MixArt, qu’on connait grâce à The National, Stars et Arcade Fire.

Avec une ouverture sur « Promise » et en enchaînant tous ses classiques, Tim Baker a précisé qu’il essaierait d’ailleurs de tous les passer durant la soirée. Promesse respectée : « Young Glass », « Soft Offering (For The Oft Suffering) », « Alcatraz », « Harriet », « Lions For Scottie » et l’immanquable « New Goodbye », n’étant pas surprise qu’ils l’aient gardé pour la fin.

Une mirifique dissension distinguait le public du parterre par rapport aux spectateurs du balcon, me faisant réaliser que l’atmosphère de l’étage du bas leur filait tristement entre les doigts. Faux! Ces derniers, yeux clos et cœur attaché, associaient sereinement chaque mélodie à un souvenir.

Violoncelle, cor français et tambourin, dirigés exemplairement par les sept membres multi-instrumentistes : tous rappelaient l’attache folklorique des Maritimes. Là était l’avantage du groupe, car avec le tangible à sa disposition, la performance live se voyait largement plus riche.

Ce sont non seulement les écrits de Baker, mais c’est aussi la distinction de sa voix irréprochable, débutant chaque œuvre en soupir et devenant presque plaidante -tout particulièrement seul au piano pour « What Arrows »-, qui touche nos cordes sensibles. Il ne manquait que ma préférée, « Trish’s song », pour se rendre jusqu’aux larmes. Un mal pour un bien.

C’est surtout le rappel avec « Land you love », que j’attendais en toute quiétude. Hey Rosetta! avait tout récemment joint ses forces à Yukon Blonde pour un morceau anti-harperiste influençant tranquillement les électeurs pour le 19 octobre dernier. Admirable façon de terminer en joie, -et une toute aussi étonnante surprise pour le public- que de voir les deux prestataires de la soirée réunis à l’avant. Supra-hypra rassembleur. Le groupe n’avait donc pas le choix de poursuivre sa montée finale en closant donc avec « Welcome » et une reprise de « Stand by me » contrastée, plus battue que la classique de Ben E. King.

Clôture orchestrale pour un dixième M pour Montréal!

About Noémie Bond

Née à Québec, Noémie est maintenant une montréalaise de cœur. C'est avec passion qu'elle se dédie à temps partiel aux critiques musicales retrouvées sur le blogue de Shoeclack Radio.